C'est parti!!!

Je me lance dans un nouveau récit avec vous.

Une idée m'a trotté dans la tête un jour... Voyant comme Cindy (une des héroïnes de mon autre blog : http://ptain-de-pseudo.skyblog.com/ ) avait très vite été traité de Nympho, je me suis posé la question de savoir qu'est-ce que ça ferai une héroïne qui est plus qu'amorale, et qui s'affiche comme nympho et fière de l'être... (Attention j'ai fait des recherches... je sais de quoi je parle)

Bref voilà... Je vous invite à rentrer dans ce nouvel univers... certain pourront être choqué, mais rassurez-vous, c'est en parti le but de la man½uvre. J'espère qu'elle vous fera cependant rire autant qu'elle me fait rire.

Je vous rappel le principe du petit jeu. Je vais commencer l'histoire... puis petit à petit, je posterai les suites, quand elles me sembleront assez correctes pour vous les faire lire.
C'est sans doute inutile de vous le rappeler mais on ne sait jamais : toute cette histoire n'est qu'une fiction issue directement de mon petit cerveau. Il n'y a aucune référence à des faits réels. (Cependant s'il me vient l'envie de mêler des expériences vécues, je vous le ferai savoir cela va de soit !)

Ceci dit...

BONNE LECTURE ! Et surtout Amusez vous bien avec Morgane !
C'est parti!!!

# Posted on Saturday, 20 January 2007 at 7:20 AM

tout d'abord... petite aide de vocabulaire...

Nympho : une maladie réservée aux femmes mais qui plaît aux hommes



Bon alors, la nymphomanie, c'est quoi ?



Le mot nymphomanie vient de nymphe, qui est une divinité féminine de l'Antiquité gréco-romaine, personnifiant divers aspects de la nature et représentée le plus souvent sous les traits d'une jeune fille nue, et de manie, du latin mania signifiant folie.

Au 19ème siècle, on pensait que la nymphomanie était une obsession des désirs sexuels chez la femme et cela était considéré comme une maladie mortelle. Les femmes souffrant de cette maladie vivaient vraiment dans des conditions de violence (morale et physique) inconcevable : Elle étaient souvent internées et parfois même, excisées !
Aujourd'hui, les médecins pensent que la nymphomanie est une sorte d'addiction sexuelle : la femme ne pense qu'à ça avant l'acte, pendant, et après. Elle a sans cesse besoin d'avoir des rapports sexuels pour satisfaire un besoin qu'elle n'arrive finalement jamais à satisfaire. Il y a donc un sentiment de frustration et de dépendance. Cela peut-être une réelle source de souffrance pour la femme et la conduit, la plupart du temps, à un isolement.

En-dehors de ces rares cas, dans notre société, dès qu'une femme change de partenaire trop souvent ou s'engage dans des relations de très courte durée, on la traite facilement de nymphomane. S'agit-il alors d'un trouble psychique ou de la question des normes sociales et des valeurs morales d'une société à une époque donnée ? Où commence l'excès ? Quelle est la norme, qui en décide ? Ces questions n'ont toujours pas trouvé de réponses satisfaisantes pour les femmes, alors que la multiplication des conquêtes féminines par un homme (donjuanisme) est plus que tolérée : valorisée !

# Posted on Saturday, 20 January 2007 at 7:22 AM

I

I
I




N'avez-vous jamais remarqué à quel point prendre le bus, ça vous change toute votre vision sur le monde extérieur ? On surprend les arbres plantés le long des routes à disparaître dès que le conducteur ose dépasser les 50 kilomètres heure, les pointillés qui ont l'habitude d'être bien rangés, bien alignés les uns derrière les autres s'amuser à ne former plus qu'une seule ligne qui se casse de temps en temps.
Le plus drôle dans un bus, c'est ce regard que peuvent vous jeter les gens qui sont à l'extérieur. On devient très rapidement soit transparent soit l'attraction de foire à la dernière mode. Les gens croient, ou plutôt cherchent toujours à reconnaître quelqu'un. C'est à ces moments là qu'on a envie de tirer la langue aux abrutis de dehors ; leur montrer nos plus belles grimaces pour leur en donner pour argent comptant. Tiens voilà le cirque !



Je suis tranquille là, pas un passant. De toute façon je ne regarde plus par la fenêtre. J'ai beau être affalée contre la vitre, mon violon sur les genoux, et faire semblant de ne pas le voir, il me fixe. Qu'est ce qu'il me veut celui là ? Il a jamais vu un violon de sa vie ? Alors c'est simple coco, c'est un bout de bois creux avec quatre cordes dessus. Maintenant tu me lâches !


Ce n'est pas ma boite qu'il regarde, c'est mes jambes. Voilà les cars sont pleins de ces gens là, voyeurs par nature. A moins que ce soit l'effet « bus » qui déclanche ces montée d'hormones. On est tous pareil, les mains dans les poches mais les yeux exercés comme des radars à l'affût du premier bellâtre ou la première Bomba qui passerait par là.
De toutes façons, il ne fera rien, a part peut être me lancer le fameux « vous êtes charmante mad'moiselle ». Enfin là à son stade je suis charmante au niveau des cuisses et dans pas longtemps ça sera au niveau de mes dessous. Normalement à cet instant, la plus part des gens ont cette furieuse envie de descendre au prochain arrêt ou alors aller vérifier qu'ils ont bien validé leur billet.


Moi ? Je ne bougerais pas de ma place, une petite vieille pourrait me la piquer et gâcher tout le film que se fait le pauvre homme assis en face de moi. Encore un frustré âgé de la quarantaine qui fantasme sur tout ce qui bouge, qui est jeune, avec des formes fraîchement dessinées, et qui pourrait facilement tomber leur string.

J'écarte légèrement les jambes. On dirait que notre quadragénaire vient d'entrevoir une image céleste. Il semble illuminé. Il est tout rouge ; c'est que ça doit chauffer là haut.

A ce petit jeu, c'est simple... c'est soit lui, soit moi, et je suis une joueuse redoutable. Voilà comment cela se passe. Il lève la tête pour s'assurer que je ne l'ai pas vu devenir écarlate. A ce moment il croise mon regard et là tout son monde s'écroule. Ça y va par des flashs de sa femme, de ses filles, de sa mère ; par des « tu n'es qu'un monstre Henri ! », « comment oses-tu Henri à ton age ? », « M'enfin mou choupinounet qu'elle mouche t'a piqué ? », je vous en passe et des meilleures.
Et bizarrement il lui vient cette envie dont je vous parlais tout à l'heure : il lève le bras, et appuie sur le bouton pour descendre. En passant devant moi, sa jambe vient doucement frôler mon genou. Il s'excuse aussi vite, dans une drôle de révérence, détournant le regard comme un voleur qui cache un bien qu'il a dérobé.






C'est mon arrêt : Rue André Breton.


J'ai retrouvé les arbres qui avaient tout à l'heure disparus. Les pointillés sont aussi au rendez-vous. La rue est déserte. C'est normal dans ce quartier. A la nuit tombée, il n'y a plus un chat dehors. Juste ceux qui descendent du bus. Un peu comme moi.
La rue, c'est un vrai dépotoir. Je me croirai dans une poubelle municipale, avec le clochard couché sur la bouche d'aération.

J'aime marcher la nuit. On ne sait jamais, quand on croise quelqu'un s'il ne va pas vous sauter dessus. J'aime cette situation. Je me suis bien fait des courts métrages sur ces rencontres que je n'ai jamais vécues.

Un homme derrière moi. Grand, costaud, viril. Je sens sa présence. Il me suit et se rapproche peu à peu de moi. Je sens son souffle dans mon cou. Il fait noir, je ne vois rien. Je sens son odeur corporelle de plus en plus intensément. Il m'attrape violemment le poignet et me faire faire volte face. Je ne le vois toujours pas. Je sens ses caresses sur mon corps et ses baisers sur ma gorge. Il me serre, attrape ma jambe et me bloque contre un mur. Je suis sa chose, je suis à lui. Il peut tout avoir de moi.

Voilà, ça peu ressembler à ça, ces films qui rythment mes longues balades nocturnes. Cette sorte de fantasme angoissant dont beaucoup de femmes rêvent secrètement sans même jamais se l'avouer. A quoi bon se le cacher, on peu marcher la conscience tranquille si seulement on assume cet espoir de se faire surprendre ainsi la nuit, dans une rue...

En attendant, je marche toujours. Je suis passée dans cette rue bien des fois. J'y ai ri, j'y ai souri, J'y ai pleuré, j'y ai crié, j'y ai même aimé. Mais ce soir c'est bien différent. Fini ses états d'âme aromatisés à l'eau de rose. J'en ai presque fini de cette histoire.

Comme pour ne rien changer à nos petites habitudes, la porte est ouverte. Il sait que je dois venir. Il m'attend. Mon violon commence à me peser. Allez bouge toi ma fille. Juste un dernier petit air.
Je l'imagine poser sur son grand canapé beige, son fameux peignoir rouge pour couvrir son corps nu, un verre de bordeaux à la main, des bougies éparpillées de partout dans le salon, de la musique classique en fond, l'Agnus Dei de Barber.

Voilà comme cela va se passer.
Il m'entend arriver. Il prend une gorgée de son vin. J'entre dans la maison. Il ne bouge pas. Je souhaite le bonsoir. Aucune réponse. Je pose mon violon sous le piano. Je sais qu'il me regarde et qu'il a bien relevé mes formes sous ma jupe. Je me relève. Je me tourne vers lui. Toujours aucun mot. Il prend une gorgée. J'enlève mon écharpe puis ma veste laissant apparaître ma chemise d'écolière légèrement déboutonnée sur ma poitrine. Pourtant il fixe mes yeux, comme s'il connaissait par c½ur ce que mon corps lui offre au regard. Il boit une nouvelle fois. Il me fait signe de venir m'asseoir à coté de lui. J'obéis. Il se ressert du vin. On reste assis comme ça un long moment. Il me regarde. Moi je fixe le mur. Il passe doucement une main dans mes cheveux et me susurre un « Je t'ai attendu ce soir. J'ai eu peur qu'il te soit arrivé quelque chose ». Je fixe toujours le mur en face de moi. Je sais ce qu'il va faire.



Un bruit.
Qu'est ce qu'il se passe ? Tout est allumé à l'intérieur. Il y a du monde. Je me suis peut être trompée de maison. Et pourtant non. C'est bien sa maison. Sa femme est à la fenêtre. Mais elle ne devait pas être là. On dirait qu'elle pleure. Une femme si froide. Pourquoi peut-elle bien pleurer ? Mais qu'est-ce qu'il se passe ?
Une sirène. Les pompiers arrivent.

Moi, je reste plantée là devant, sans faire un bruit, sans dire un mot, en simple spectatrice du spectacle que l'on donne ce soir au 36 rue Tristan Tzara.
Dans le rôle de la future veuve éplorée : ma tante. Le personnage principal est tout simplement interprété par mon oncle qui, il faut bien le dire, incarne à merveille l'amant et, dans cette scène, fait un mort remarquable.
La situation est simple : un mort, six hommes en uniforme qui essayent de résoudre le problème, et une pleureuse qui reste à se lamenter sur son pauvre sort. Tout se passe vite. Un des pompiers vient épauler ma tante qui manque de s'évanouir. Comme s'ils n'avaient que ça à faire. Les cinq autres se dispersent entre le massage cardiaque, la radio qui est reliée à l'hôpital et le camion où se monte une civière pour porter mon oncle.
Bien que la scène soit majestueusement interprétée, elle me rappelle fortement une des ces séries télévisées où Johnny tue Cindy parce que Jeanne à couché avec Chris pendant que Georges se tourne les pouces aux caraïbes... Bref, vous voyez le tableau.

Ah ! Ça y est on va en finir avec cette scène. Mesdames et Messieurs, la sortie de mon oncle !
Le cortège est tout bonnement suivit par la tantine qui vient de m'apercevoir.
« - Morgane ? Morgane c'est toi ? »
Je vais faire comme si de rien n'était et faire mine de rentrer chez moi.

Plus rien, plus un bruit.
Elle ne m'a pas reconnue. Elle s'est engouffrée dans le camion. Tant pis... je rentre. Pourquoi est-ce qu'elle n'a pas insisté ? J'aurais pu tout lui raconter, elle m'aurait comprise ou alors peut être reniée.

C'est étrange comme dans ces moments là ont oublie vite pourquoi on est venu. Bizarrement mon violon ne me pèse plus. Il semble léger.
Et voilà. Encore une fois je rentre seule.

# Posted on Saturday, 20 January 2007 at 7:25 AM

II

II
II



Cet imbécile a trouvé le moyen de claquer avant que j'arrive. Avec un peu de chance ils l'auront réanimé. Quand même quel gâchis. Moi qui avais tout prévu. Un plan parfait, aucune faille. Enfin, jusqu'à celle là.

Je suis là, assise sur mon lit, dans mon « petit chez moi » comme le disent tous ces gens installés dans leur grand confort.
Où est mon violon ?

Mon pauvre petit appartement tout en désordre. Il faut bien dire que l'ordre me dérange. Je me perds dans l'ordre. Il me faut des feuilles de partout, mélangées sans aucun goût esthétique à mes habits éparpillés. Il doit y avoir par ci par là des sous-vêtements d'hommes. Richard, Simon, Johann, peut être Pierre, ou quelque autre male qui se soit découvert pour cause de trop grosses chaleurs.
Ah ! Richard. Mon cher Oncle Richard.
Quand je repense à ce que nous avons vécu tout les deux. Là où tout a commencé.


Un week-end en famille.
Comme toujours mon père avait voulu prendre un raccourci qui nous avait tout droit mené en plein c½ur de la forêt. On a bien erré une heure sur cette route déserte qui allait apparemment partout sauf au chalet de l'oncle. Enfin je ne sais par quel miracle mon père arrive toujours à retomber sur ses pattes. Nous avons donc fini par voir l'espèce de grande cabane qui sert une fois l'an de réfectoire. Toujours en retard sur le repas du midi.

Des goinfres dans cette famille. Ils avaient déjà dévasté tout l'apéritif, des petits fours à la bouteille de whisky passant par au moins deux bouteilles de champagne. De plus, ils ont trouvé le moyen de nous reprocher notre retard qui soit disant les empêchait de se jeter dans leur orgie d'amuse gueule. Il fallait les voir.
Les cousins faisaient bande à part. Il faut dire que dans ma famille nous sommes quatre cousins, tous enfants uniques sauf pour les jumelles mais bon elles, elles comptent pour une. En gros, une famille de gamins pourris gâtés.
Je ne peux pas me les voir. Ils ont toujours tout vu, toujours tout fait, toujours tout dit avant tout le monde. Il n'existe pas de personnes plus pédantes.
Les jumelles étaient en train de raconter leur dernier exploit : leur entrée commune dans leur école. Les deux premières jumelle de LENARQUES. J'en ai donc profité pour me défiler parce qu'il n'y a rien de plus déprimant que mes cousines qui cherchent à m'expliquer la politique et la société actuelle. Les entendre me raconter que notre avenir c'est le capitalisme de droite. Qu'il faut se battre contre cette gauche qui, selon ces deux cruches « n'apporte que des emmerdes que la droite doit récupérer. »

Mes trois tantes étaient en plein débat sur un article paru dans Jasmine, « pour ou contre ne le courant NO ». Alors je n'ai pas tout saisi à leur grande discussion mais il semblerait que des couples de jeunes de 30 ans décident de ne plus faire l'amour tout ça pour contrer notre société de consommation. Allez donc savoir pourquoi cette sorte de consommation pouvait bien déplaire à ces puceaux. Pour rien au monde je ne saurai m'en priver. Il n'y a rien de meilleur que le fruit défendu quand on y a déjà goutté.
Deux de mes oncles étaient affalés sur leur canapé. Comme d'habitude ils racontaient les dernières blagues apprises au bureau la veille. Les blondes en ont pris pour leur matricule ; les magrébins, enfin les « bouniouls » selon l'espèce de masse débordant de graisse qui me sert à l'occasion d'oncle, ainsi que quelques handicapés qui ont partagé ce flot de stupidités aussi machiste et raciste les unes que les autres.
A cela vous rajoutez mon père qui se glisse très facilement dans les vannes pourries de mes oncles après avoir rallé de ne pas avoir un verre plein à la main, et ma mère qui se fait porte parole des puceaux trentagénaire, et vous avez une assez jolie vision de ma famille.

Il manquait cependant mon très cher Richard, et pour sur : il était charger de surveiller les grillades dehors.
Je suis sortie comme si de rien n'était pour m'allumer une cigarette. Quand j'y repense, il n'y a rien de plus sexy qu'une fille à l'age de la beauté et de l'insouciance entrain de griller sa clope dans le froid d'un hiver approchant. Il me l'a dit quelques jours après cette réunion de famille, quand il était bien au chaud dans mon lit.
Bref, ce jour là, il m'a regardé. Puis m'a lancé : « tiens salut toi ! Alors tu fuis toujours ces andouilles ? »
Je n'ai pas répondu. J'ai tiré une latte sur ma clope, puis après un petit instant, j'ai tourné la tête vers lui en lui disant tout simplement, de ma voix la plus grave et sensuelle : « Salut Richard ».


Richard :
Beau male qui vient d'atteindre à peine les 45 ans. Sportif, musclé, très cultivé, la tête grise à la Richard Geer.
Sa passion : peindre les femmes nues.
Sa phobie : dormir seul.
Enfin, encore un bel éphèbe, qui avec l'age commence à voir qu'il vieillit et se risque à reluquer les petites jeunes à jupe courte.

Je n'ai pas pour habitude de m'attarder auprès de lui mais cette fois là, je n'avais aucune envie de rejoindre les lourdauds de l'autre coté de la vitre. Je me suis donc rapprochée du grill. Le vent soufflait assez fort et je commençais à trembloter. Il m'a dit de m'avancer, que le feu me tiendrait chaud, et que si ce n'était pas le cas il s'en chargerait. Et oui, je ne peux pas dire s'il était conscient de l'invitation qu'il venait de me faire, mais ce n'est pas tombé dans l'oreille d'une sourde. Je me suis donc collée à lui. Il sentait la saucisse grillée, mais tant pis, il me tenait chaud.
Il se mit à me parler de mes cousines, les jumelles, ses filles. Depuis qu'elles étaient entrées dans leur grande école, il ne les supportait plus. « Ça se croit supérieure, emplit d'une mission qui dépasse le commun des mortels, des êtres suprêmes, mon cul oui ! Elles ne savent toujours pas se cuire des pâtes toutes seules ! ». Un grand orateur cet homme.
Je grelottais de plus en plus. Il faut dire que j'étais peu couverte, les jambes apparentes sous une mini jupe rouge en cuir, et une simple veste en peau synthétique.
Il ouvrit son blouson et me fit signe d'entrer. Je ne me suis pas fait prier. J'étais toute enveloppée de l'odeur des grillades. Il n'aurait jamais du faire ça. Cette odeur, cette chaleur, ce morceau de viande qui m'entoure, ça met vite en appétit. Je me suis mise à gigoter doucement. Il me parlait toujours de ses filles, sa tête juste posée sur mon épaule. Je bougeais l'air de rien, comme pour me réchauffer et il le pensait, jusqu'au moment où, malencontreusement ma main à frôlé son jean serré. J'ai très vite retiré ma petite mimine malicieuse, comme si c'était une erreur de ma part. Il ne parlait plus. Je le sentais choqué, ou plutôt sous l'emprise d'un envoûtement dont il ignorait l'antidote. Le désir montait en lui. Je ne me décollais pas. Je sentais sa respiration dans mon coup. Je sentais qu'il guettait pour voir si quelqu'un ne nous épiez pas. Etrangement la situation ne lui avait pas semblé équivoque avant que mes mains viennent faire un tour dans une zone hautement dangereuse et sécurisée.
Je m'amusais. Ils sont bien tous pareil, pleins de bonnes intentions et finalement, ils se font avoir comme de simples amateurs.
Enfin, au bout d'un moment il attrapa ma main, la serra très fort, d'une main qui rappelle celle de l'amant quand il souhaite vous attirer dans un coin.

Nous avons fini par rentrer. Il est allé se changer en prétextant une odeur insupportable de fumée. Il pensait que j'allais le rejoindre, mais je suis restée là devant le cimetière de hors d'½uvre qui recouvrait la table du salon. Il est finalement revenu, avec un air de déception, les grillades à la main.


A table, ma mère avait cru bon me placer à la droite de Richard qui présidait en bout. Une fois assise, ma jambe est venue par un pur hasard frôler la sienne. Puis étrangement, je ne sais comment, ma main est venue caresser sa cuisse, tant et si bien qu'au bout d'une demi-heure il était cuit. Prêt a passé à la poêle.
Toute la suite de l'histoire s'est enchaînée assez vite. A force de le chercher, j'ai fini par trouver. Pendant que la famille se jetait sur les derniers restes de saucisse, nous nous sommes éclipsés prétextant que nous allions chercher les desserts.


Mon violon... Comment j'ai pu égarer mon étui. Ce n'est pas si petit que ça, je devrais le retrouver.

# Posted on Saturday, 20 January 2007 at 7:33 AM

III

III
III


Ah ! Il est là.

On n'imagine pas tout ce qui peut rentrer dans un étui à violon. Certes la place est normalement réservée au noble instrument, mais voilà. Ce soir j'en avais décidé autrement. Ce soir, ça devait être la fin. Non pas la mienne mais la sienne. Vous me direz, c'est quand même le cas. Parait qu'une crise cardiaque est souvent fatale.
J'imagine qu'il a du avoir un choc en voyant sa femme arrivé à ma place, je ne crois pas qu'on puisse parler de surprise agréablement reçu dans ses conditions. Je le vois installé dans son fauteuil, dans son peignoir rouge, son verre à la main, et elle qui débarque comme une fleur alors que son cher et tendre attend son amante, enfin sa nièce. J'imagine le pincement au c½ur qu'il a du avoir en voyant sa femme le regarder au seuil de la porte. Il a dut tomber net.
J'aurai aimé voir ça.

J'avais tout prévu. Tout ! De la petite tenue en dentelle, à la dose de cyanure à verser dans son vin. Je l'aurais vu tombé sous mes yeux, ce gros pervers, cet homme lâche, fourbe et vicieux. J'aurai eu ma plus grande victoire sur l'homme. J'aurai eu son c½ur, j'aurai eu sa vie.

Stop ! Là, vous vous dites : « au secours, d'un je ne comprends plus rien, de deux elle est totalement tarée cette nana ». Enfin Je vous vois venir avec votre morale, me disant que je l'ai cherché.
Je ne l'ai pas cherché. C'est lui qui m'a trouvé. Un peu comme tous les autres.
Les autres ?


Pierre
Mon cher petit copain. Un amour de pot de colle. Il se voyait déjà finir sa vie avec moi. D'ailleurs je crois que c'est toujours d'actualité.
Lui, c'est mon passe temps préféré. Quoi que je fasse il reste là à m'attendre. Je l'ai connu à mes débuts en tant que joueuse de c½ur. Il a été ma première proie. La première victime.
Tout c'est fait dans une cruelle lenteur. Il était dans ma classe au collège. Deux ans qu'on se connaissait. Deux ans que je le faisais tourner en rond. C'est le plus grand timide que je n'ai jamais connu. Il n'a jamais osé me dire quoi que se soit, ce qui m'a facilité la tache pour le faire tourner en bourrique. Il donnerait sa vie pour moi.
Trop facile !
J'aime les défis, lui ce n'est pas un défi, lui c'est un hobby.


Hum... On sonne à la porte. 50 euros que c'est lui.

# Posted on Sunday, 21 January 2007 at 6:03 AM

Edited on Sunday, 21 January 2007 at 11:22 AM